Un manque de personnel croissant du milieu de l'hôtellerie pour la saison d'été 2022

Les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration sont en pleine crise. Depuis maintenant deux ans, les restaurants et les hôtels de la métropole n’arrivent plus à atteindre leur rentabilité d’antan alors qu’une hausse de fréquentation, quasi historique, est à prévoir. Le problème ? La pénurie de personnel. Pour cet été, entre 200 000 et 300 000 postes seraient vacants selon l’UMIH, l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie, et personne ne viendrait occuper ces emplois.

Crise sanitaire

Sortir de deux ans de covid, c’est avant tout pour le milieu de la restauration, une prise de conscience. Les différents acteurs du secteur ont goûté aux fins de journée à 18h00, aux jours fériés, aux week-ends… Difficile donc de recommencer ces journées aux horaires décalés quand on a pu profiter de ses proches pendant des mois.

La Covid-19 avait rendu les services contraignants et lourds pour le personnel mais l’allégement drastique des normes sanitaires des derniers mois n’a pourtant pas empêché le départ des employés.

Conditions de travail difficiles

De réputation, les métiers de l’hôtellerie sont exigeants. Le travail est stressant, fatiguant, dur et la rémunération n’est pas attractive. Les saisonniers, qui sont la main-d'œuvre principale du secteur, ne répondent plus à l’appel. Avant la crise sanitaire déjà, le phénomène était présent. Vincent Sitz, président de la commission emploi formation du Groupement National des Indépendants Hôtellerie-Restauration, explique qu’en 2019, ils cherchaient déjà quelque 150 000 personnes pour assurer les services de la période estivale. La pandémie à simplement amplifié l’exode des employés vers des secteurs plus rémunérateurs et moins contraignants.

Remboursement des prêts garantis par l’Etat

Le PGE agit comme une épée de Damoclès au-dessus de la tête des différents gérants d’établissement. Ce prêt force les PME à être rentables dès cet été. Or, le manque de personnel ne le leur permet pas. 

Des fermetures précipitées, une réduction du mobilier dédié au service, les petits patrons font ce qu’ils peuvent pour ne pas nuire au service et à la qualité de vie de leurs employés mais ce sont des manœuvres qui ne font que retarder l’inévitable.

Vers une solution ?

Il faut trouver les moyens d’attirer de nouveau ces saisonniers lassés de ce travail harassant et pénible. Des moyens économiques peuvent résoudre en partie le problème du salaire mais ce sont surtout des mesures sur la qualité de vie au travail et sur sa souplesse qui enrichiraient la profession et le secteur de l’hôtellerie.